Mad Men : bienvenue dans le monde impitoyable de la publicité dans les années 60

Mad Men fait partie des séries qui ont marqué leur époque (peut-être moins en francophonie, dommage !). La série décrit l’histoire des hommes de Madison Avenue (les « Mad men »), des publicitaires aux dents longues qui brassent des sommes d’argent affolantes alors que la société de consommation est en plein boom.

Au cœur de la série, Don Drapper, un directeur créatif dont le nom est bien connu dans le milieu de la publicité à New York. Personnage emblématique dont certain.e.s spectateurs.trices tomberont amoureux.ses mais que la plupart détesteront viscéralement. Mad Men n’est pas une série feel good, elle dépeint une époque de crise et met en scène des personnages cruellement réels, avec leurs failles et leurs histoires honteuses.

L’emblématique Don Drapper

Don réside au cœur de l’intrigue, même si une bonne dizaine de personnages récurrents se partagent assez uniformément le temps d’écran (de plus en plus à mesure que la série avance). Il est incarné par Jon Hamm (qui a aussi joué et tenu plusieurs rôles principaux dans Bridesmaids, Sucker Punch, Kimmy Schmidt, Beyrouth, Tag, The Town, Good Omens…), qui, à mes yeux, est très agréable à regarder.

Don a tout pour être admiré dans le milieu de la pub : on connaît son nom, il a monté les échelons pour se retrouver directeur de la création à 36 ans, il est charismatique et embrouille les clients grâce à ses pitch magiques. Mais Don a également une grosse part sombre, dont un passé flou et un rapport aux femmes très particulier. Marié et père de deux enfants, il trompe sa femme à tour de bras. Ce qui est un thème récurrent de la série, mais non de manière glamourisée.

C’est le détestable mais sexy Ted dans Bridesmaids 😂

Le portrait d’une époque qui s’assumait sexiste

J’ai commencé Mad Men après avoir lu le livre « Beauté Fatale » de Monet Chollet, où l’auteure déplorait que tellement de personnes se focalisent sur les tenues et le style des femmes des années 60 dans la série, plutôt que de se pencher sur l’analyse du sexisme et de la pression qui pesait sur les femmes à l’époque.

Si les adultères à répétition de Don font grincer des dents, peu de personnages masculins sont en reste dans la série. Soirées arrosées avec les clients dans des bars à hôtesses, liaisons au bureau, et j’en passe. En même temps, on assiste à la vie des femmes de la série, au foyer ou au bureau, qui subissent la pression d’un patriarcat totalement décomplexé, mais aussi de la part des autres femmes. Certain.e.s y admireront un « glamour aujourd’hui perdu », d’autres y verront les codes du sexismes exposés sans pudeur.

Peggy, la féministe malgré elle

Si Don est LE personnage principal de la série, Peggy, sa secrétaire, qui débute son boulot lors du premier épisode, tiens certainement le seconde rôle le plus important. Peggy ne veut pas montrer ses jambes pour plaire à ses collègues, Peggy ose parler, et Peggy saisit les opportunités qu’on lui tend pour faire sa place dans le monde du travail. Sans s’en revendiquer (ce n’était pas l’époque j’imagine), elle décide d’agir comme bon lui semble, quitte à faire peur aux hommes qui l’entourent et à essuyer un lot de remarques machistes. Sous sont apparence frêle, elle arrive à tirer son épingle du jeu pour évoluer dans les bureaux de Madison Avenue.

Pour l’anecdote, Peggy Olson est jouée par Elisabeth Moss qui tient le rôle principal dans La servante écarlate !

Betty Francis (January Jones), Sally Draper (Kiernan Shipka), Megan Draper (Jessica Pare), Don Draper (Jon Hamm), Peggy Olson (Elisabeth Moss) and Joan Harris (Christina Hendricks) – Mad Men _ Season 7, Gallery – Photo Credit: Frank Ockenfels 3/AMC – Mad Men _ Season 7, Gallery – Photo Credit: Frank Ockenfels 3/AMC

Un documentaire d’époque

Mad Men offre une vision réaliste d’une époque qui nous semble bien lointaine. La série a intégré les événements historiques des années qu’elle couvre (1960 à 1970), comme l’assassinat de Kennedy, les premiers pas sur la lune, la guerre du Vietnam, la mort de Marylin Monroe…

La série est également remarquable dans l’évolution des personnages, des styles, des mœurs et des modes qui rendent compte des changements qui ont eu lieu entre les années 1960 et 1970, de manière progressive et naturelle (j’aurais adoré un spin-off ou une suite dans les années 70 !).

Des personnages entiers

Les personnages de Mad Men n’ont rien de romancé : ils trainent leurs casseroles, ils ont des défauts, ils sont crûment imparfaits, et c’est ce que j’ai aimé dans cette série ! Ce sont des personnages dans toutes leurs dimensions, qu’on déteste terriblement par moment, mais qui sont aussi rassurants par leur réalité.

Il faut également souligner le jeu des acteurs, qui incarnent tellement bien leurs personnages que l’on en oublierait qu’on est devant un écran de télévision.

Une série d’histoire, pas d’action

Mad Men n’est pas une série où les actions s’enchaînent, avec une intrigue principale forte (contrairement à une intrigue policière ou à toute série dont on attend un dénouement précis). Les épisodes d’une quarantaine de minutes balaient généralement plusieurs histoires simultanément. C’est une série qui se déguste comme un bon verre de whisky (tu repenseras à cette fine remarque quand tu regarderas !), en se plongeant dans l’histoire, posément, en se laissant embarquer d’une scène à l’autre, en admirant l’évolution (positive ou négative) des personnages. A la fin de l’épisode, il s’est passé tellement de petites choses qu’on n’arrive plus à se souvenir de tout, mais on a passé un bon moment. Amateurs d’action en cascade s’abstenir !

Où voir Mad Men ?

Mad Men était disponible sur Netflix jusqu’à récemment, mais la licence est venue à expiration et n’a pas été renouvelée. Suite à un regain d’intérêt pour la série, AMC a voulu récupérer ses droits pour commercialiser la série ailleurs (?). Pour l’instant, elle n’est disponible que sur Amazon Prime (contenu payant) et nécessite d’avoir un compte anglophone (UK/US) !

Personnellement, je n’ai pas pu regarder la série jusqu’au bout car Netflix a perdu la licence pendant que j’étais en train de la visualiser, mais j’ai tellement aimé que je me suis offert le coffret DVD, j’ai très envie de la revoir dans quelques temps !

Les images d’illustration de cet article ne m’appartiennent pas

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