Découverte de Benromach et du whisky écossais

Outre la zythologie, je m’intéresse aussi à l’œnologie… et depuis mon voyage à Dublin (plus précisément, la visite de la distillerie Teeling), au whisky. C’est donc tout naturellement que j’ai participé récemment à une masterclass et dégustation organisée près de chez moi par les whisky Benromach.

Benromach étant écossaise, c’était également l’occasion d’en apprendre plus sur le whisky écossais, que je ne connaissais pas du tout. J’ai décidé d’inclure dans cet article, en plus de mes impressions de dégustation, les informations que nous avons reçues sur le sujet. J’espère ne pas me tromper dans mes notes, n’hésitez pas à me corriger/compléter dans les commentaires le cas échéant.

Le whisky en Ecosse, un art national

Le whisky en Écosse, ce n’est pas quelque chose que l’on prend à la légère ! Il y a des règles et des lois qui régissent le monde de la distillerie en Écosse. Le pays est divisé en différentes régions dont chacun produit un type de whisky qui a ses particularités. Je vous invite à visiter cet article Wikipédia pour le détail. Benromach vient du Speyside. Les whisky du Speyside sont plutôt fruités, fleuris, légers (à l’heure actuelle), mais Benromach produit un whisky du style de celui qui était produit dans les années 60, qui a la particularité d’être tourbé. Avant l’orge était séché à la tourbe, aujourd’hui plutôt à l’huile ou au charbon, ce qui joue sur le goût.

Quasiment tous les whisky écossais sont fait d’une double distillation (au contraire par exemple de l’Irlande qui affectionne plutôt la triple distillation, ce qui en fait des whisky plus « doux » en bouche).

Sur les 125 distilleries qui existent en Écosse, seules 8 effectuent encore le maltage à la main (ce n’est pas le cas de Benromach). Springbank est la seule distillerie en Écosse qui fait encore toute la production de A à Z toute seule.

Il existe deux façons de malter l’orge : « floor » (au sol), à la main, ou à l’usine.

Benromach effectue tout à la main, la distillerie n’est pas automatisée. Le whisky est mis en fût dans la distillerie (ce n’est pas le cas partout).

Seuls les fûts en chêne sont autorisés par la loi pour produire du whisky. Pour porter ce nom (en Écosse) il faut également qu’il soit resté au moins 3 ans en fût, et qu’il titre minimum 40°.

Il existe plusieurs catégories de whisky. Le Whisky Malt (production interrompue, maximum 71°, uniquement de l’orge malté), et le Whisky Grain (production continue, industrielle, jusqu’à 90°, moins cher à produire, mélangé souvent). Le Single Malt Scotch Whisky : produit dans une seule distillerie, utilisation d’alambic, orge malté uniquement, toute la production du maltage à l’embouteillage à lieu en Écosse (règle en vigueur depuis 5 ans); le Blended Malt : mélange de différentes distilleries; le Blended Whisky (comme J&B, Johnny Walker, Shiva’s Regal…) : le plus gros marché, mélange de grains et de malts; le Single Cask : un seul fût; le Cask Strengh : fût brut dans lequel on n’a pas mis d’eau; le Bourbon whiskey : « whisky » américain (d’où l’orthographe différente), 2 ans minimum en fût, minimum 51% de maïs, nouveau fût.

Le Malt Whisky est fabriqué avec de l’eau, de l’orge et de la levure. Il est interdit de mettre quoi que ce soit d’autre, à part du colorant. 

Benromach est l’une des rares distilleries à utiliser aussi de la levure de bière dans ses procédés de fabrication. 30% du goût du whisky se fait avant la mise en fût et vient donc de l’orge.

Comment bien déguster le whisky

Pour déguster le whisky : on sent d’abord au nez, avec la bouche entre-ouverte, sans trop approcher son nez du verre et doucement, car c’est bien plus alcoolisé qu’une bière ou un verre de vin !

On entre-ouvre la bouche après avoir avalé : cela permet de se débarrasser de la sensation de feu et d’alcool pur que beaucoup de gens redoutent, et qui les empêche d’apprécier un whisky.

La dégustation Benromach

Benromach Organic (2010)

Embouteillé en 2017. L’orge n’est pas séché à la tourbe, puisqu’il s’agit d’un whisky bio et que l’utilisation de tourbe ne permettrait pas de le garantir. On utilise également de nouveaux fûts uniquement (ce qui est rare dans la production de whisky, en effet, il y a très peu de nouveaux fûts disponibles, la plupart du temps en Ecosse on utilise des fûts de bourbon ou de sherry), cela également pour éliminer toute contamination possible. 

Les nouveaux fûts donnent des whisky avec beaucoup plus de goût, plus tanniques. D’ailleurs, un whisky vieux doit absolument être mis en fût dans un fût déjà utilisé, sinon il sera imbuvable.

Mes impressions

Le nez du Benromach Organic : vanillé

Les fûts de chêne américain donnent de la vanilline, là où les fûts européens donnent plutôt des arômes de bois, des épices.

Au goût : j’ai une impression de tabac (arrière-goût), cerise noire. Il est long en bouche (à cause du fût qui est nouveau). 

Je le trouve pas mal.

Benromach 10 years

Whisky signature de la distillerie. Utilisation de la tourbe.

Mes impressions

Nez : beaucoup d’arômes mais impossible de dire ce que je sens.

Goût : bois brûlé (à cause de la tourbe).

Je ne suis pas fan.

Benromach 10 years 100 % proof

Un 100% proof doit titrer absolument 57,15% (les autres whisky de la marque titrent 43%). Il s’agit d’un procédé de fabrication qui suit le système de mesure d’alcool britannique.

Mes impressions

Nez : cerise noire, vanille, caramel.

Goût : fumée très présente, vanille en arrière goût, un peu fruité.

C’est celui que je préfère, le goût fumé (tourbe) qu’il laisse en bouche me plaît beaucoup.

Benromach 15 years

Mes impressions

Nez : je ne sens pas grand chose, peut-être un peu de vanille.

Goût : j’ai une sensation étrange de cola, un arrière-goût de céréales. En bref, je ne ressens pas grand chose (il faut dire qu’on en est alors au quatrième verre dégusté, mais franchement il ne me fait pas grande impression…)

Benromach 35 years

C’est le plus vieux whisky de Benromach. Il a été acheté déjà en fût quand le propriétaire actuel a racheté l’usine, il provient d’anciens stocks. Je vous laisse regarder le prix de la bouteille plus bas, on peut dire qu’on a eu de la chance d’y goûter en tout cas…

Mes impressions

Nez : miel, vanille, caramel.

Goût : l’arrière-goût de fumé est plus subtil et vient plus tard, il est épicé, un peu de fruit rouge bien mûr, il me donne une impression tannique, comme un vin rouge, après l’avoir avalé, un peu de tabac aussi.

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